L'impact de l'environnement sur la santé devient un enjeu de plus en plus important dans les politiques de santé publique. Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances ou des mélanges de substances présents dans de nombreux produits du quotidien qui interagissent avec les fonctions endocriniennes de l'organisme. Bien que leurs mécanismes d'action ne soient pas encore entièrement compris, des mécanismes impliquant un mimétisme endocrinien, un antagonisme et des effets épigénétiques ont été décrits. Les effets des principaux perturbateurs endocriniens sur la santé osseuse restent mal connus. Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) constituent une vaste famille de composés organiques synthétiques utilisés pour leurs propriétés antiadhésives et résistantes à la chaleur. L'acide perfluorooctanoïque (PFOA) est un composé PFAS spécifique utilisé dans les matériaux d'emballage et les plastiques. L'un des effets connus des PFAS est leur interférence avec la vitamine D par compétition au niveau de son récepteur, réduisant ainsi la formation osseuse. De plus, les PFAS diminuent la prolifération des cellules osseuses et réduisent la synthèse de la matrice extracellulaire. Du développement fœtal à l'adolescence, la petite enfance représente une période critique pour la formation osseuse. Si des substances chimiques environnementales peuvent interférer avec ce processus dans la population pédiatrique générale, l'accumulation de perturbateurs endocriniens pourrait également exercer un effet délétère supplémentaire dans le contexte du trouble minéral et osseux associé à la maladie rénale chronique (CKD-MBD). En effet, les patients atteints de maladie rénale chronique (MRC) présentent une incidence plus élevée de fractures et des anomalies minérales, squelettiques et cardiovasculaires dont la physiopathologie est extrêmement complexe. L'impact potentiel des perturbateurs endocriniens sur la physiopathologie du CKD-MBD chez l'enfant n'a jamais été évalué, alors même que, lors des séances de dialyse, le sang circule de manière répétée dans un circuit composé principalement de plastiques et exposé à des températures élevées. Dans les populations adultes dialysées, l'exposition aux PFAS a été étudiée, mais les résultats sont contradictoires. En 2018, Liu et al. n'ont trouvé aucune preuve d'élimination des PFAS par hémodialyse. À l'inverse, les études de Liu et al. (2018) et Huang et al. (2023) ont démontré une réduction significative des concentrations de PFAS chez les patients à la suite de séances d'hémodialyse, par rapport aux patients atteints de maladie rénale chronique ne recevant pas de dialyse. Les deux groupes de recherche ont suggéré que les taux de PFAS chez les patients dialysés sont significativement influencés par la composition et les propriétés des membranes de dialyse utilisées. Cependant, ces études ont été menées exclusivement chez des adultes, qui, par définition, n'ont pas de squelette en croissance, et se sont limitées aux mesures de PFAS. Cela est particulièrement pertinent étant donné que : (1) les techniques de dialyse évoluent rapidement, l'hémodiafiltration remplaçant de plus en plus l'hémodialyse conventionnelle, avec différents types de membranes utilisées en pratique pédiatrique ; et (2) les enfants sous dialyse nécessitent souvent des séances de traitement plus fréquentes que les adultes. Par exemple, selon l'enquête nationale française menée le 28 janvier 2026 en préparation des discussions sur un nouveau modèle de remboursement de la dialyse, 25 % des 93 enfants sous hémodialyse chronique recevaient un traitement plus de trois fois par semaine. De plus, aucune de ces études n'a évalué l'impact de la dialyse péritonéale, une modalité relativement peu courante chez l'adulte mais largement utilisée en pédiatrie, en particulier chez les très jeunes enfants.
2 à 17 ans · Réf. NCT07763483