Évaluation de l'efficacité et de la sécurité du traitement par cryothérapie locale des cancers récidivants de la tête et du cou en zone irradiée : étude pilote
En France, les carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou (CETC) constituent le 5e cancer le plus fréquent. 60 % des patients présentent des tumeurs localement avancées (stade III/IV), caractérisées par un pronostic sombre (survie à 5 ans n'excédant pas 60 %). Le traitement standard consiste soit en une exérèse chirurgicale suivie d'une radiochimiothérapie adjuvante, soit en une radiochimiothérapie exclusive. En cas de récidive locorégionale (environ 40 % des patients), une chirurgie de rattrapage peut être proposée, permettant une survie prolongée chez moins d'un tiers des patients éligibles. Cependant, plus de la moitié des récidives locorégionales sont non résécables. Le traitement standard consiste alors en une immunothérapie et/ou une chimiothérapie à visée palliative, avec une survie médiane n'excédant pas 15 mois. La radiothérapie stéréotaxique est une autre option potentiellement curative, permettant un contrôle local de 30 à 60 % à 1 an, mais au prix d'une toxicité importante (jusqu'à 50 % de toxicités de grade 3-4), limitant ainsi son indication. La question du traitement de rattrapage se pose également pour d'autres formes histologiques plus rares, notamment les tumeurs naso-sinusiennes et des glandes salivaires, pour lesquelles la probabilité de survie globale à 5 ans n'excède pas 65 % en raison de l'évolution locorégionale, malgré les progrès des techniques chirurgicales et l'apport de la radiothérapie. Au cours des deux dernières décennies, des techniques de radiologie interventionnelle mini-invasives se sont développées dans le domaine de l'oncologie. Parmi ces techniques, la cryothérapie est désormais couramment utilisée pour le traitement de plusieurs cancers. La multiplication de ses indications repose sur de nombreux avantages cliniques (bonne analgésie postopératoire, bon profil de toxicité, bon contrôle tumoral). La cryothérapie pourrait ainsi constituer une alternative thérapeutique dans les cancers de la tête et du cou en situation de récidive en territoire irradié et non résécable, permettant de maintenir un projet curatif chez une proportion plus élevée de patients, tout en présentant un profil de toxicité plus favorable que la réirradiation.
À partir de 18 ans · Réf. NCT05738187
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