Dernier essai recensé
Feuillet épithélial de muqueuse jugale autologue cultivé pour le traitement du déficit bilatéral en cellules souches limbiques
Certaines brûlures oculaires sévères ou d'autres pathologies oculaires rares peuvent être associées à une perte totale des cellules souches épithéliales cornéennes (c'est-à-dire un déficit en cellules souches limbiques, LSCD), ce qui entraîne une invasion de la cornée par la conjonctive et une opacification consécutive. Lorsque le LSCD est total et bilatéral, les deux yeux sont atteints, entraînant une cécité complète et une qualité de vie médiocre, avec une photophobie paradoxale pouvant être douloureuse. Moins de 100 patients sont atteints de cette pathologie rare en France. Lorsque les patients souffrent d'un LSCD total et bilatéral, aucun traitement n'a démontré de bénéfice clinique : le limbe controlatéral n'est pas disponible pour une greffe autologue de limbe ou une culture de cellules souches limbiques autologues ; la greffe allogénique de limbe nécessite un traitement immunosuppresseur entraînant des effets indésirables graves trop importants au regard du bénéfice attendu, et son effet ne dure pas longtemps (\< 2 ans) ; et la greffe de cornée allogénique est impossible car toujours rejetée en raison de la néovascularisation. Une nouvelle façon de traiter ces patients consiste à cultiver un épithélium autologue de type cornéen, puis à le greffer afin de restaurer la transparence et de permettre, si nécessaire, une greffe de cornée complémentaire. Un tel épithélium peut être produit à partir de cellules de muqueuse jugale autologue. La transplantation de feuillets épithéliaux de muqueuse jugale a été évaluée dans un essai clinique de phase I/II portant sur 26 patients, qui a montré qu'elle était bien tolérée et efficace, mais la technologie de culture utilisée dans cet essai clinique n'est plus disponible. Un nouveau procédé de décollement enzymatique a été développé par les Hospices Civils de Lyon. La preuve de concept a été obtenue à partir d'études in vitro et ex vivo : le décollement à la collagénase à 0,5 mg/mL n'endommage pas les protéines de la membrane basale ; ainsi, les FEMJA décollés à la collagénase 0,5 mg/mL adhèrent et continuent d'assurer le renouvellement de l'épithélium différencié 15 jours après la greffe sur un modèle de stroma porcin dé-épithélialisé ex vivo. Compte tenu de ces résultats, nous souhaitons réaliser un essai clinique afin d'évaluer la tolérance et l'efficacité du feuillet de cellules de muqueuse jugale autologue (Feuillets Épithéliaux de Muqueuse Jugale Autologue - FEMJA) cultivé selon ce procédé innovant.
À partir de 18 ans · Réf. NCT03949881
Mis à jour le
