Le virus de l'hépatite delta (VHD) est un virus satellite qui nécessite la présence du virus de l'hépatite B (VHB) pour infecter l'organisme. Environ 5 % des personnes infectées par le VHB, soit environ 12 millions de personnes dans le monde, sont également porteuses du VHD. Cette double infection augmente considérablement le risque d'atteinte hépatique et de progression vers le carcinome hépatocellulaire (CHC). Historiquement, le diagnostic du VHD a été limité, ce qui a conduit à une sous-estimation de sa prévalence réelle, tant au niveau national qu'international. Les avancées récentes dans les traitements des hépatites virales et l'introduction de nouvelles thérapies spécifiques au VHD ont suscité un intérêt croissant pour ce virus, incitant les autorités de santé publique à demander des outils de diagnostic et de suivi améliorés. La détection du VHD repose sur des tests sérologiques (ELISA/CLIA) sur sérum ou plasma, suivis, en cas de positivité, d'une quantification de la charge virale par RT-qPCR. Cependant, l'accès aux laboratoires est souvent insuffisant dans de nombreuses régions, ce qui touche particulièrement les populations marginalisées et les zones de forte endémie, notamment dans les pays à ressources limitées. De nouvelles méthodes de prélèvement permettant de relier les patients à des laboratoires experts sont nécessaires, l'expédition d'échantillons biologiques congelés pouvant être complexe et coûteuse. En réponse, le prélèvement sur buvard (Dried Blood Spot, DBS) — où le sérum, le plasma ou le sang total est séché sur papier filtre — a été adopté par de nombreux organismes de santé publique comme un moyen simple, économique et non infectieux de stockage et de transport. Le DBS est déjà validé pour le diagnostic et le suivi d'infections telles que le VIH, le VHB et le VHC. Étant donné la biologie propre à chaque virus, des études spécifiques sont nécessaires pour déterminer comment l'utilisation du DBS affecte les seuils de détection et de quantification pour chaque technique de laboratoire. Le Centre National de Référence de l'hépatite delta (CNR-Delta), mandaté par Santé publique France, a mis au point un protocole DBS pour le VHD, fondé sur la littérature disponible et des études antérieures sur les conditions de conservation et de reconstitution. Deux études rétrospectives menées à partir des collections du CNR ont établi de nouveaux seuils de positivité pour la sérologie et de détection/quantification en biologie moléculaire, pour le sérum/plasma et pour le sang total EDTA sur DBS. Pour finaliser ce protocole, une étude complémentaire des seuils pour les tests sur sang capillaire en DBS est essentielle. Le sang capillaire, obtenu par piqûre au doigt, pourrait simplifier l'utilisation de cet outil, en réduisant le besoin d'équipement spécialisé et d'expertise, et en permettant potentiellement un auto-prélèvement par les patients. La présente étude vise à valider l'outil DBS pour les tests sérologiques et moléculaires du VHD à partir de sang capillaire. L'hypothèse est que les barrières géographiques d'accès aux hôpitaux et aux laboratoires pour les patients atteints par le VHD compliquent l'expédition d'échantillons de plasma congelés, ce qui augmente les coûts. La mise au point d'une technique de dépistage sérologique et de mesure de la charge virale à partir d'une goutte de sang capillaire sur papier DBS pourrait permettre de relier efficacement les patients à des centres spécialisés. Le DBS étant considéré comme non infectieux, il permet également de réduire les complications administratives. En comparant les résultats d'échantillons appariés — plasma (méthode de référence) issu de sang total EDTA et sang capillaire sur DBS —, l'objectif est de redéfinir les seuils de détection et de quantification pour les deux méthodes. La validation de ces nouveaux seuils permettra l'utilisation de cet outil tout en maintenant les standards de qualité pour le diagnostic et le suivi des infections actives par le VHD.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06649396