Filet prérectal préventif par laparoscopie (LAPPRE)
Le prolapsus urogénital est une pathologie fréquente et invalidante chez la femme, impliquant dans la plupart des cas la paroi vaginale antérieure et l'utérus. Le prolapsus de la paroi vaginale postérieure n'est présent que dans 50 % des cas. La chirurgie est une option pour les femmes présentant un prolapsus gênant. Le risque, au cours de la vie d'une femme, de subir une chirurgie du prolapsus des organes pelviens (POP) d'ici l'âge de 80 ans est d'environ 19 %. La sacrocolpopexie par laparoscopie (LS) avec un filet synthétique non résorbable est considérée comme le traitement de référence, avec un taux de succès composite de 85 % à un an (étude Prospere). Sur la base de l'expérience initiale et des habitudes historiques, un filet prérectal était systématiquement placé dans l'espace recto-vaginal, en complément du filet antérieur et apical placé dans l'espace vésico-vaginal, afin de prévenir un prolapsus postérieur de novo (taux rapportés allant jusqu'à 33 %). Le bénéfice du filet prérectal préventif est remis en question sur la base d'une seule étude rétrospective comparant 68 LS avec double filet (antérieur et postérieur, DM) à 32 LS avec un seul filet antérieur (SAM) : les taux de récidive postérieure étaient respectivement de 5,9 % vs 31,3 % (p < 0,01), et les taux de récidive totale de 16,2 % vs 43,8 % (p < 0,01). Cependant, cette différence n'étant pas significative dans le sous-groupe de patientes sans cervico-cystopexie associée, les auteurs ont conclu que le risque d'échec postérieur était uniquement lié à la cervico-cystopexie elle-même (intervention contre l'incontinence urinaire d'effort, abandonnée depuis). En revanche, un filet prérectal augmente le risque de complications spécifiques : lésion rectale (jusqu'à 3 %), douleur anale (jusqu'à 25 %), exposition du filet (jusqu'à 2 %). Par ailleurs, le filet postérieur allonge l'intervention d'au moins 30 minutes (étude Robolaps, données non publiées). Le taux de dyschésie de novo après LS avec filet prérectal est rapporté jusqu'à 25 %. Il pourrait s'expliquer par le filet lui-même, mais aussi par des lésions nerveuses survenant lors de la dissection de l'espace recto-vaginal et des piliers rectaux.
40 à 75 ans · Réf. NCT03766048
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