Le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) est un trouble neurodéveloppemental complexe caractérisé par la survenue de mouvements involontaires (tics moteurs) et de vocalisations (tics phoniques). L'apparition du SGT se situe habituellement dans l'enfance, et sa prévalence est estimée entre 0,3 et 0,9 % avant l'âge de 18 ans, diminuant progressivement au-delà de cet âge. La plupart des patients présentent également des comorbidités psychiatriques associées (TDAH, TOC, troubles de l'humeur). Bien que la cause du SGT reste inconnue, l'hypothèse privilégiée est l'interaction de facteurs génétiques prédisposants et de facteurs environnementaux précipitants (accidents périnataux, maladies infectieuses). Sur le plan physiopathologique, il est largement démontré, par des études structurelles, électrophysiologiques, d'imagerie fonctionnelle, ainsi que par différents modèles animaux, que les dysfonctionnements des boucles cortico-strio-pallido-thalamo-corticales (responsables de la régulation des mouvements, des processus cognitifs et des émotions) jouent un rôle majeur dans la genèse des tics. La stimulation cérébrale profonde (SCP) peut être proposée comme traitement invasif chez les patients atteints d'un SGT sévère résistant aux traitements habituels (psychothérapie, traitements pharmacologiques). Dans une population bien sélectionnée de patients pharmacorésistants, la SCP permet une amélioration globale estimée de 30 à 50 % du score YGTSS. La méthode de stimulation cérébrale profonde actuellement utilisée dans le SGT repose sur une stimulation continue (24 h/24, 7 j/7) et non différenciée (intensité électrique fixe). Ce paradigme de stimulation, dépourvu de capacité d'adaptation aux symptômes du patient, pourrait être à l'origine d'effets indésirables (liés à la modulation de signaux physiologiques), d'une efficacité sous-optimale, ou d'une sollicitation inutile des capacités du stimulateur (usure de la batterie). Le développement de nouveaux paradigmes de stimulation cérébrale profonde (« stimulation en boucle fermée »), permettant l'identification d'une activité neuronale pathologique et l'adaptation dynamique des paramètres de stimulation à ces signaux neuronaux, nécessite un biomarqueur pathologique fiable et reproductible, corrélé à la survenue des tics. Cependant, dans le SGT, les anomalies électrophysiologiques restent encore mal caractérisées, et la plupart des travaux publiés sur ce sujet reposaient sur des enregistrements peropératoires et doivent être confirmés par des enregistrements à distance de la chirurgie avant toute utilisation potentielle dans des paradigmes de stimulation en boucle fermée. En effet, au cours des premières semaines suivant la chirurgie, différents facteurs tendent à modifier les signaux électrophysiologiques. Plusieurs questions se posent à l'issue de cette période de cicatrisation : * Ces oscillations pathologiques (distinctes des oscillations cérébrales induites par le mouvement volontaire physiologique) sont-elles encore détectables plusieurs semaines après la chirurgie ? * Quelle est la dynamique temporelle de ces oscillations autour d'un tic ? * Quelle est la topographie spatiale de ces oscillations au sein du GPi ? * Existe-t-il une forte variabilité interindividuelle ? * Comment les modifications de l'activité corticale sont-elles associées à ces oscillations sous-corticales ? * Les modulations de l'activité pallidale seules suffisent-elles à prédire la survenue d'un tic ? Ainsi, notre étude vise à définir précisément l'activité cortico-sous-corticale concomitante à la survenue d'un tic, et à identifier un ou des biomarqueur(s) fiable(s) et reproductible(s) associé(s) aux tics dans le SGT.
À partir de 16 ans · Réf. NCT06909656