La camptocormie se définit par une flexion anormale du tronc, non fixée, présente en position debout et à la marche, disparaissant en position couchée et souvent compliquée de lombalgies. Elle peut être observée dans de nombreuses pathologies neurologiques, avec une prévalence comprise entre 5 et 19 % dans la maladie de Parkinson. La physiopathologie de la camptocormie associée à la MP n'est pas totalement élucidée, cependant plusieurs mécanismes sont discutés, notamment l'hypertonie musculaire, la dystonie des muscles abdominaux, le déficit proprioceptif, l'iatrogénie liée aux agonistes dopaminergiques, et la myopathie focale. Bien que son impact soit majeur et supérieur à celui des symptômes principaux de la maladie, aucun traitement spécifique n'a fait l'objet d'une demande d'autorisation de mise sur le marché dans cette indication. Sa prise en charge reste difficile et consiste habituellement à : ajuster le traitement antiparkinsonien, réduire voire supprimer les agonistes dopaminergiques, recourir à des injections de toxine botulique et à la rééducation, parfois avec le port d'un corset. Cependant, les résultats observés sont le plus souvent décevants. Le bénéfice de techniques plus invasives, telles que la stimulation cérébrale profonde, classiquement proposée dans les formes avancées au stade des complications motrices de la MP, est discuté par certains auteurs. De nombreuses études suggèrent ainsi que la stimulation bilatérale du NST pourrait avoir un effet bénéfique significatif mais modéré sur les troubles posturaux associés à la MP, en particulier sur la camptocormie. De même, les résultats d'une étude rétrospective récemment menée chez 36 patients parkinsoniens discutent de l'efficacité de la stimulation bi-pallidale. Par ailleurs, les interventions chirurgicales par arthrodèse restent invasives et entraînent des complications plus fréquentes chez les patients parkinsoniens présentant une camptocormie, comparativement aux patients présentant une pathologie rachidienne dégénérative isolée. La stimulation électrique de la moelle épinière (ESS) est une technique validée dans la prise en charge de la douleur neuropathique chronique. Plusieurs publications suggèrent qu'elle pourrait être efficace sur les troubles posturaux dans la MP. Ainsi, des auteurs rapportent le cas d'un patient parkinsonien atteint de camptocormie douloureuse réfractaire aux traitements médicamenteux et à la stimulation cérébrale profonde, ayant bénéficié de l'EMS avec un effet remarquable sur la douleur, la marche et la posture. Cette observation est corroborée par des données recueillies chez 3 patients parkinsoniens présentant une camptocormie et soumis à l'EMS, avec un effet bénéfique sur les symptômes douloureux et moteurs. Le mécanisme d'action pourrait être lié à la correction du déficit proprioceptif via une stimulation ascendante des noyaux gris centraux. Par ailleurs, l'efficacité de la stimulation magnétique répétitive de la moelle épinière a été évaluée dans une étude menée chez 37 patients présentant une camptocormie associée à la MP.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06291051