Cellules souches mésenchymateuses allogéniques issues de cordon ombilical pour le traitement du rejet chronique à médiation humorale en transplantation rénale
La transplantation rénale est le meilleur traitement de l'insuffisance rénale chronique terminale (IRCT), améliorant la survie et la qualité de vie tout en réduisant les coûts de traitement. Cependant, les traitements immunosuppresseurs réduisent le rejet aigu mais n'ont pas amélioré de façon significative la survie du greffon (60 % à 10 ans). La perte du greffon est en grande partie due au rejet chronique à médiation humorale (cABMR), qui reste un défi majeur en l'absence de traitement spécifique. Dans notre centre, 20 cas de cABMR confirmés par biopsie ont été identifiés en 2018-2019, avec un retour en dialyse chez 40 % des patients. Les thérapies cellulaires visant à induire une tolérance du greffon constituent des stratégies prometteuses. Le consortium européen The-One-Study mène des essais de phase II utilisant des cellules immunorégulatrices non mésenchymateuses afin de réduire le traitement immunosuppresseur et/ou de prévenir les infections ou les tumeurs. Les cellules souches mésenchymateuses (CSM), qui ne font pas partie de ce consortium, modulent la fonction des cellules impliquées dans le rejet aigu ou chronique. En transplantation rénale (donneur vivant), les CSM réduisent le rejet aigu de 64 % à 6 mois, les infections de 36 %, avec des doses plus faibles d'immunosuppresseurs. Un essai randomisé récent a montré que l'injection de CSM un mois et demi après la transplantation rénale permettait l'arrêt des inhibiteurs de la calcineurine sans augmentation du risque de rejet. À 6 mois, aucune différence n'était observée sur la fonction rénale ou les lésions tissulaires, ce qui indique la possibilité d'arrêter les inhibiteurs de la calcineurine après injection de CSM. Par ailleurs, un taux significativement plus élevé de lymphocytes régulateurs a été observé. Des tentatives antérieures d'arrêt précoce des inhibiteurs de la calcineurine avaient montré une augmentation du risque de rejet. Une étude récente (Neptune, phase Ib) menée avec des CSM allogéniques a montré que les doses de tacrolimus pouvaient être réduites sans rejet aigu ni chronique. Dans le modèle de cABMR, l'injection de CSM a réduit la créatininémie de 45 %, la protéinurie de 70 %, ainsi que les lésions fibreuses. Une étude de Wei et al. a montré que des CSM allogéniques issues de moelle osseuse amélioraient la fonction rénale en cas de rejet chronique. Compte tenu de la disponibilité plus facile des CSM issues de cordon ombilical, qui présentent également des activités paracrines plus importantes, notre objectif est de démontrer que les CSM allogéniques issues de cordon ombilical peuvent constituer un traitement du cABMR.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06886646
Mis à jour le
