Nouveau traitement cognitif de la dépression péripartum
La période péripartum est la période comprise entre le dernier mois de grossesse et jusqu'à un an après l'accouchement. Elle peut être considérée comme une période difficile pour les femmes, car il s'agit d'une période de transition durant laquelle la vulnérabilité aux troubles psychiatriques, et en particulier au trouble dépressif majeur (MDD) (Vesga-Lopez, Blanco, Olfson, Grant & Hasin, 2008). La dépression à début péripartum (PPD) se caractérise par le fait que l'apparition des symptômes peut survenir pendant la grossesse ou dans les quatre semaines suivant l'accouchement, mais peut également persister jusqu'à 12 mois après l'accouchement (American Psychiatric Association, 2013). La PPD touche 10 à 20 % des femmes ayant accouché (Tebeka et al. 2021). De plus, la détresse psychologique vécue par la mère pendant la période péripartum peut perturber les interactions avec son nouveau-né (Lefkovics et al. 2014). La dépression durant cette période peut donc avoir des conséquences à long terme, non seulement pour les femmes qui en souffrent, mais aussi pour leurs enfants (Gavin et al. 2005). Les investigateurs savent désormais que les femmes atteintes de PPD présentent des déficits en métacognition. La métacognition est l'ensemble des connaissances, processus et pratiques qui permettent aux individus de contrôler et d'évaluer leurs propres activités cognitives, leur permettant ainsi de les réguler (Flavell, 1976). Les patientes atteintes de PPD ont donc des difficultés à identifier, contrôler et évaluer leurs propres activités cognitives. Ces déficits peuvent également représenter un facteur de risque pour le développement d'une PPD s'ils sont présents à un stade précoce (Diop et al. 2022). Chez les patientes atteintes de PPD, les thérapies métacognitives semblent efficaces pour réduire les symptômes. En 2013, Bevan, Wittkowski et Wells ont mené une étude pilote pour tester les effets associés à la thérapie métacognitive dans la dépression. Il s'agissait de la première étude publiée évaluant les effets de la thérapie métacognitive chez des patientes présentant une dépression en période péripartum. Elle montre des résultats prometteurs qu'il serait intéressant de reproduire, s'agissant d'une étude pilote. Un programme d'entraînement métacognitif pour la dépression (D-MCT) a été développé par Jelinek, Hauschildt, Moritz et Dubreucq en 2016 ; il s'agit d'une intervention de groupe brève, facile à proposer aux participantes. À ce jour, aucune étude n'a encore testé ce programme spécifique chez des patientes atteintes de PPD, mais il a pu démontrer son efficacité pour réduire les déficits métacognitifs. À la lumière de la littérature scientifique, les objectifs de cette étude sont, premièrement, de démontrer l'efficacité de la thérapie D-MCT chez des sujets présentant une dépression post-partum. Deuxièmement, d'examiner les effets de cette thérapie sur les interactions mère-enfant. Les investigateurs formulent les hypothèses suivantes : * Les femmes du groupe expérimental présentent une réduction plus importante des symptômes dépressifs et une amélioration du fonctionnement métacognitif par rapport à celles du groupe contrôle. * Les femmes du groupe expérimental présentent une réduction des symptômes dépressifs après la thérapie (v2) et un maintien de cette amélioration (v3). * Amélioration de la qualité du lien mère-enfant pour les femmes ayant participé au programme, par rapport à celles du groupe contrôle. * Amélioration de la qualité du lien mère-enfant après le programme (v2 et v3) pour les femmes du groupe expérimental, par rapport à leur entrée dans le programme.
18 à 45 ans · Réf. NCT06253390
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