Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans le monde. En France, 58 000 nouveaux cas ont été détectés en 2018. Le cancer du sein est donc le cancer le plus fréquent chez la femme. Le taux de survie à 5 ans, tous stades confondus, est de 88 %. Ces excellents résultats de survie ont été obtenus grâce aux améliorations des traitements, notamment à l'avènement de la chimiothérapie. La majorité des patientes seront guéries de leur cancer, la qualité de vie après le cancer constitue donc un enjeu majeur, d'où l'importance d'essayer de réduire les séquelles à long terme. Les taxanes sont l'un des principaux agents cytotoxiques anticancéreux utilisés dans le traitement du cancer du sein. Cependant, les taxanes ont un effet direct sur les systèmes nerveux central et périphérique et peuvent induire une neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie (NPIC). Les mécanismes de la NPIC induite par les taxanes ne sont pas entièrement compris. La NPIC se manifeste par des symptômes de paresthésies, d'engourdissement, de brûlure, de douleur, d'altération de la perception de la température, de myalgies, de myopathie, de difficultés de motricité fine, de troubles de la marche et de l'équilibre, de faiblesse musculaire des membres inférieurs et/ou de déclin fonctionnel. La NPIC survient chez 80 à 97 % des patients traités par taxanes et constitue la principale toxicité limitante lors de l'administration de paclitaxel. La NPIC entraîne souvent un report ou une réduction de dose, voire un arrêt du traitement. En outre, la NPIC peut persister pendant plusieurs mois, voire plusieurs années après la fin de la chimiothérapie anticancéreuse et représente la principale séquelle à long terme. Cela peut favoriser et/ou aggraver des symptômes de détresse psychologique (symptômes dépressifs et symptômes anxieux) et entraîner une réduction de la qualité de vie (QdV). La prévention de la NPIC constitue donc un enjeu majeur dans le traitement du cancer du sein. Selon les recommandations de 2014 de l'American Society of Clinical Oncology, la prévention et le traitement de la NPIC sont insuffisants avec les moyens actuels, et il est urgent d'évaluer et de trouver de nouvelles méthodes de prévention. L'un des défis de la prise en charge de la NPIC sera de réduire la douleur induite sans diminuer l'effet antitumoral des agents anticancéreux. Ces dernières années, l'efficacité de la cryothérapie à l'aide d'un gant congelé et de la thérapie par compression à l'aide de gants chirurgicaux (GC) dans la prévention de la NPIC induite par les taxanes a été rapportée. Pendant la chimiothérapie, les patientes portaient en continu un gant congelé sur une main et deux gants chirurgicaux de la même taille sur l'autre main. Une étude récente a expliqué comment la thérapie par compression et la cryothérapie partagent un mécanisme similaire de réduction de l'exposition au médicament par vasoconstriction pendant la perfusion de paclitaxel. La basse température associée à la cryothérapie réduirait l'absorption du paclitaxel et les lésions des nerfs périphériques, ou la mécanotransduction, et permettrait de réduire la NPIC. À ce jour, aucune étude n'a examiné l'efficacité de l'association des deux moyens de prévention. La norme actuelle au Centre Antoine Lacassagne est la cryothérapie. L'objectif de cet essai prospectif, auto-contrôlé, est donc de comparer l'efficacité de la cryothérapie associée à la prévention par compression par rapport à la cryothérapie seule dans la prévention de la neuropathie périphérique induite par le paclitaxel chez des patientes recevant un traitement adjuvant pour un cancer du sein localisé.
18 à 99 ans · Réf. NCT06400849