La prévention et la prise en charge de l'obésité pédiatrique nécessitent une compréhension approfondie et une prise en compte des différentes composantes de la balance énergétique (c'est-à-dire les apports et les dépenses) ainsi que de leurs interactions. La dépense énergétique totale (DET) se compose du métabolisme de repos (MR), de la dépense énergétique liée à l'activité physique (DEAP) et de la thermogenèse alimentaire (TA). Alors que le MR et la DEAP sont les deux principaux contributeurs à la DET, la TA est souvent négligée, bien qu'elle puisse représenter environ 10 % de notre dépense énergétique quotidienne. En effet, peu d'études ont privilégié l'évaluation de l'effet thermique des aliments (ETA), défini comme l'augmentation de la dépense énergétique au-dessus du métabolisme basal à jeun, bien qu'il représente environ 10 % de la dépense énergétique totale quotidienne. Il a été suggéré que l'ETA pourrait jouer un rôle dans le développement ou le maintien de l'obésité. Certaines études indiquent une réduction de l'ETA chez les personnes vivant avec l'obésité, possiblement en raison d'une activation postprandiale moindre du système nerveux sympathique, limitant ainsi la réponse thermogénique après les repas. À l'inverse, plusieurs études n'ont rapporté aucune diminution de l'ETA chez les personnes vivant avec l'obésité. En raison de ces résultats contradictoires, aucun consensus n'a été établi concernant la réponse de l'ETA chez les personnes obèses par rapport à celles de poids normal. Alors que notre équipe a récemment réalisé une revue systématique de la littérature dans ce domaine, identifiant un manque flagrant de données probantes, les quelques résultats disponibles suggèrent une réduction potentielle de l'ETA chez les enfants et adolescents obèses, contribuant à limiter l'optimisation de leur balance énergétique quotidienne. Dans leur étude, Maffeis et ses collègues montrent, par exemple, un ETA significativement réduit chez les adolescents obèses par rapport à leurs homologues de poids normal, malgré un repas test plus calorique adapté à leurs besoins énergétiques. Ces résultats sont cohérents avec ceux proposés par Salas-Salvado l'année suivante, qui suggèrent un ETA réduit chez les adolescents obèses, associé à leur pourcentage de masse grasse. Ces travaux de recherche suggèrent la nécessité de prendre en compte les effets du statut pondéral, de la composition corporelle et de la composition calorique d'un repas afin de mieux comprendre l'ETA dans cette population. Par ailleurs, alors que notre équipe a démontré à plusieurs reprises des adaptations du métabolisme de repos et du métabolisme à l'exercice en réponse à la perte de poids chez les adolescents obèses, les réponses de l'ETA à ces interventions ont également été peu étudiées chez les adolescents. À notre connaissance, une seule étude a évalué qualitativement cette adaptation de l'ETA à la perte de poids dans cette population. Selon les auteurs, alors que la DHEA était réduite à l'état initial chez les adolescents obèses par rapport à leurs homologues de poids normal, la perte de poids semblait augmenter les taux de DHEA, mais cela reste à confirmer. Dans ce contexte, l'objectif de cette étude est d'évaluer les effets de la perte de poids sur la thermogenèse alimentaire chez les adolescents obèses. Elle comparera également la thermogenèse de ces adolescents avant la perte de poids à celle d'adolescents de poids normal.
11 à 17 ans · Réf. NCT07400159