Le cancer de la prostate est le deuxième type de cancer le plus fréquent chez l'homme, juste après le cancer du poumon, et représente environ 3,8 % de l'ensemble des décès causés chez l'homme en 2018. L'IRM multiparamétrique, qui combine des séquences d'IRM anatomiques (acquisitions pondérées en T2) et des séquences fonctionnelles (imagerie de diffusion DWI ou acquisitions dynamiques avec injection de produit de contraste (DCE)), constitue un outil clé pour la détection et le suivi de la réponse thérapeutique dans le cadre de la prise en charge de ce cancer de la prostate. Dans ce contexte, un consensus radiologique reconnu a été établi afin de standardiser les protocoles d'acquisition IRM et le schéma de traitement des données (système d'aide au compte-rendu et de données en imagerie de la prostate, protocole PI-RADS). Bien que l'amélioration apportée par l'IRM multiparamétrique soit significative pour la détection du cancer de la prostate en clinique, environ un tiers des cas restent équivoques. Il existe donc un intérêt clinique évident à disposer d'informations complémentaires pour étayer le diagnostic en distinguant les tumeurs de bas grade, de grade intermédiaire et de haut grade, et ainsi réduire le recours aux biopsies. L'IRM-CEST (transfert de saturation par échange chimique) est un outil d'imagerie moléculaire prometteur permettant de détecter spécifiquement des métabolites contenant des protons échangeables présents sur des fonctions amide, amine, voire hydroxyle. L'IRM-CEST permet de mettre en évidence de façon non invasive des molécules d'intérêt telles que le lactate, le glutamate, le citrate et d'autres protéines et peptides mobiles impliqués dans le processus de cancérogenèse, habituellement impossibles à visualiser par IRM ou par SRM (spectroscopie par résonance magnétique). Les protons échangeables ont également la propriété de voir leur taux d'échange modifié en fonction du pH environnant, ce qui rend ce contraste CEST sensible aux variations de pH. On parle alors d'APT-CEST (Amide Proton Transfer CEST). Les premiers efforts pour transposer cette méthode du préclinique à la clinique ont été réalisés pour l'imagerie cérébrale des gliomes, avec une contribution significative de l'APT-CEST dans la stratification des tumeurs. Aujourd'hui, ces travaux s'étendent à l'imagerie d'autres types de tumeurs, telles que les tumeurs pelviennes, digestives, ou encore les cancers du sein ou du poumon. Actuellement, seules quelques études ont exploré l'IRM-CEST dans le cancer de la prostate, avec plusieurs limites tant en termes de stratégie d'acquisition des données que de traitement du signal. L'expertise de la composante préclinique de la plateforme IVIA (In vivo Imaging Auvergne) permettra de lever ces obstacles et de mettre en évidence l'intérêt de l'IRM-CEST pour le diagnostic et l'identification du stade tumoral. Ainsi, l'ajout de l'IRM-CEST à la stratégie d'IRM multiparamétrique complétera l'analyse morphologique et fonctionnelle par des critères métaboliques pouvant s'avérer déterminants pour orienter le diagnostic. L'objectif principal de cette étude est d'étudier la relation entre le paramètre APT-CEST mesuré en IRM-CEST et l'étalon-or que constitue le score de Gleason (issu de l'analyse anatomopathologique des biopsies prostatiques), ces deux données étant établies pour chaque patient. Les objectifs secondaires sont :
* étudier l'association entre l'ensemble des paramètres de l'IRM-CEST (APT-CEST, mesures du taux de transfert de magnétisation avec analyse asymétrique (MTRasym), rapport Guanidyl/APT, signal d'effet Overhauser nucléaire (NOE)) et :
* le score de Gleason
* le score PI-RADS, calculé à partir des lectures effectuées pour chacune des lésions suspectes identifiées à l'IRM multiparamétrique (acquisitions anatomiques pondérées en T2 et acquisitions de diffusion DWI ou dynamiques DCE) ;
* la mesure du taux sanguin d'antigène spécifique de la prostate (PSA) ;
18 à 75 ans · Réf. NCT06669273