Impact de la réalisation d’un antibiogramme rapide sur l’adaptation de l’antibiothérapie chez les patients adultes présentant une bactériémie à entérobactéries
La bactériémie se définit par la présence de bactéries dans le sang. Elle peut potentiellement conduire à un choc septique engageant le pronostic vital. Une antibiothérapie probabiliste efficace doit donc être initiée immédiatement après le prélèvement des hémocultures. Pour diagnostiquer une bactériémie, les flacons d’hémoculture doivent d’abord être mis en incubation, ce qui permet la croissance bactérienne et une détection précoce. Puis, dès que le prélèvement est positif, un antibiogramme de la bactérie en cause est réalisé par ensemencement sur milieu MH (Mueller Hinton). Cet antibiogramme par diffusion est la méthode de référence et est obtenu 24 heures après la positivité du flacon, soit environ 48 heures après le prélèvement des hémocultures. Les recommandations américaines s’accordent sur l’importance cruciale du recours à des tests diagnostiques rapides pour obtenir l’antibiogramme. Les données de l’antibiogramme rapide peuvent être utilisées pour élargir le spectre de l’antibiothérapie en cas de traitement inefficace. Elles peuvent également être utilisées pour réduire le spectre des antibiotiques à large spectre. Cela s’inscrit dans le cadre du bon usage des antibiotiques et de la réduction des bactéries multirésistantes (BMR) ou hautement résistantes (BHR). Enfin, il est également possible de réaliser un relais oral précoce, évitant ainsi les perfusions intraveineuses et leurs complications, et réduisant potentiellement les durées d’hospitalisation. Les investigateurs ont évalué un antibiogramme rapide par diffusion sur milieu MHR-SIR (Mueller-Hinton Rapid-SIR) à partir du flacon d’hémoculture. Les investigateurs ont pu obtenir des résultats d’antibiogramme 7 heures après la positivité de l’hémoculture, avec une excellente corrélation par rapport à la méthode standard après 24 heures d’incubation sur milieu MH (Mueller-Hinton). Les antibiotiques testés étaient les mêmes qu’avec la méthode standard. Dans un second temps, les investigateurs ont pu évaluer prospectivement l’impact de l’antibiogramme par diffusion sur milieu MHR-SIR sur la modification précoce de l’antibiothérapie en cas de bactériémie, chez 167 patients. Les données de l’antibiogramme sur milieu MHR-SIR ont permis d’adapter l’antibiothérapie 8 heures après la positivité de l’hémoculture pour 74 patients (44 %). L’antibiothérapie était inefficace chez 30 patients (18 %) et a donc été élargie. Elle a également permis de réduire le spectre de l’antibiothérapie, notamment par un relais oral précoce, chez 44 patients (26 %). L’objectif de cet essai multicentrique est de valider à grande échelle cette stratégie d’obtention rapide des résultats de l’antibiogramme, avec des conséquences significatives en termes d’optimisation de l’antibiothérapie.
À partir de 18 ans · Réf. NCT06425367
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