Étude des effets de l'interruption des anticoagulants couverte par une occlusion percutanée de l'auricule gauche chez des patients atteints de fibrillation atriale chronique et de cystite radique à risque hémorragique
L'étiologie de la cystite radique est une irradiation pelvienne généralement réalisée dans le cadre du traitement du cancer de la prostate. L'incidence est de 50 000 nouveaux cas par an. Environ 35 % des traitements du cancer de la prostate reposent sur la radiothérapie. La prévalence de la cystite radique hématurique est de 4 à 5 % (environ 800 patients). L'une des complications de la cystite radique est l'hématurie persistante. Il n'existe actuellement aucun traitement curatif de cette hématurie. Les options thérapeutiques sont peu nombreuses, avec une probabilité aléatoire d'amélioration de cette symptomatologie. Ces hématuries se résolvent rarement spontanément et nécessitent le plus souvent une prise en charge aux urgences avec des gestes plus ou moins invasifs, parfois avec hospitalisation, toujours avec un impact psychologique important pour le patient. Par ailleurs, un traitement anticoagulant au long cours augmente considérablement la probabilité de saignement vésical. C'est le cas des patients suivis pour une arythmie cardiaque par fibrillation atriale (FA), qui comporte par définition un risque cardio-embolique majeur, et qui présenteront un intérêt particulier pour cette étude. Ces dernières années, les cardiologues ont développé une alternative aux anticoagulants : l'occlusion de l'auricule gauche (OAG). Cette procédure consiste à insérer une prothèse en nitinol dans l'oreillette gauche, siège de plus de 90 % de la formation des thrombus dans la fibrillation atriale non valvulaire. Cette procédure mini-invasive dure environ 15 minutes et est réalisée au cours d'une hospitalisation de 48 heures. Les anticoagulants sont arrêtés le lendemain de la procédure de mise en place. Plusieurs études ont montré la non-infériorité de l'occlusion de l'auricule par rapport aux anticoagulants vis-à-vis des événements thromboemboliques dans la fibrillation atriale non valvulaire. De plus, l'OAG permet l'arrêt définitif des anticoagulants, associé à la disparition des événements indésirables hémorragiques liés aux anticoagulants. Alors que des études ont été menées sur l'impact de cette technique chez des patients suivis en cardiologie, aucune étude n'évalue l'intérêt de l'OAG chez des patients anticoagulés présentant une cystite radique hématurique. Cette procédure est déjà utilisée en soins courants chez des patients suivis en urologie, et a montré des résultats encourageants, puisque 8 patients sur 10 ont vu une réduction significative du nombre d'hématuries, mais son efficacité n'a encore jamais été scientifiquement démontrée, d'où l'objectif de cette étude. L'intérêt de cette étude sera donc : * D'évaluer le bénéfice potentiel de l'occlusion de l'auricule gauche sur le nombre d'épisodes d'hématurie. * D'évaluer le bénéfice économique en termes de réduction du nombre d'hospitalisations, d'interventions chirurgicales et de complications liées à l'hématurie, ainsi que l'arrêt des anticoagulants. Comme les données du patient doivent être recueillies quelle que soit la prise en charge ultérieure du patient (avec ou sans procédure cardiaque) dans le cadre du protocole HEMOCC, l'étude sera proposée au patient dès qu'il consulte pour une hématurie sur cystite radique. Le patient sera suivi pendant 3 ans. Les analyses, principalement descriptives, seront recueillies sous forme de registre et réalisées par un biostatisticien du CHU de Clermont-Ferrand.
À partir de 18 ans · Réf. NCT04701749
Mis à jour le
