La schizophrénie est un trouble psychiatrique chronique, fréquemment associé à une stigmatisation, y compris au sein des milieux de soins, qui altère significativement la qualité de vie et les symptômes. La réalité virtuelle (RV), en tant qu'outil immersif, peut permettre à des personnes en bonne santé de vivre, à la première personne, l'expérience d'un patient présentant des symptômes psychotiques. L'exposition à la RV pourrait faciliter la prise de perspective, favoriser l'empathie, et des études suggèrent que la RV pourrait constituer un outil précieux pour réduire la stigmatisation. Cependant, les résultats restent incomplets, avec une variabilité importante entre les protocoles et une absence de données sur la stigmatisation implicite. Cette étude est conçue pour évaluer l'efficacité d'un protocole de RV simulant des symptômes psychotiques sur la stigmatisation explicite et implicite. Méthodes et analyse Un essai contrôlé randomisé incluant 128 participants sera mené. Les participants seront des professionnels de santé et des étudiants (médecine, soins infirmiers ou psychologie) recrutés au CH Henri Laborit de Poitiers (France), au CHU de Poitiers, au CH Nord-Deux-Sèvres à Thouars (France) et à l'université de Poitiers. Le recrutement s'étalera sur une période de deux ans. Les participants seront répartis de manière aléatoire dans le groupe intervention ou dans le groupe témoin. Le protocole comprend deux courts scénarios de RV. Dans la condition d'intervention uniquement, les deux scénarios simuleront des hallucinations auditives et visuelles ainsi que des idées délirantes de persécution, afin d'immerger les participants dans l'expérience d'une personne vivant avec une schizophrénie. La stigmatisation sera évaluée avant l'intervention en RV, immédiatement après, puis lors d'un suivi à un mois. L'évaluation sera réalisée à l'aide d'échelles d'autoévaluation (Attribution Questionnaire à 27 items de Corrigan et al., 2003 (AQ-27), Community Attitudes toward the Mentally Ill, Taylor & Dear 1981 (CAMI) et Reported and Intended Behavior Scale de Evans-Lacko et al., 2011 (RIBS) pour la stigmatisation explicite, et d'un test comportemental (Implicit Association Task, Greenwald, McGhee et Schwartz, 1998 (IAT)) pour la stigmatisation implicite. Le critère de jugement principal est la réduction de la stigmatisation envers les personnes atteintes de schizophrénie, évaluée à l'aide de l'échelle AQ-27, entre l'inclusion et le suivi à un mois, en comparant le groupe intervention et le groupe témoin. Le résultat attendu est une réduction plus importante de la stigmatisation dans le groupe intervention par rapport au groupe témoin. Les critères de jugement secondaires comprennent la réduction à un mois des associations implicites, les effets immédiats de l'intervention sur la stigmatisation, ainsi que l'évolution dans le temps des préjugés et des discriminations autodéclarés. Éthique et diffusion Tous les participants reçoivent une information orale et écrite et fournissent un consentement éclairé signé. L'étude est en cours d'examen par le comité français d'éthique de la recherche (numéro de référence : 2025-A01472-47). Les résultats seront diffusés par le biais de présentations, de conférences et de publications dans des revues scientifiques à comité de lecture.
18 à 65 ans · Réf. NCT07375199