Pression artérielle moyenne après un arrêt cardiaque extrahospitalier
L'arrêt cardiaque extrahospitalier est un problème de santé publique pour lequel la survie globale est inférieure à 10 %. Le syndrome post-arrêt cardiaque est la principale cause de décès en réanimation, en raison d'un choc réfractaire ou de lésions cérébrales secondaires à l'anoxie. L'anoxie cérébrale est responsable de séquelles neurologiques sévères qui peuvent être aggravées par une hypoperfusion cérébrale au cours des premières heures suivant la reprise d'une activité circulatoire spontanée. Les recommandations actuelles préconisent de s'assurer que la pression artérielle est suffisante pour la perfusion des organes, mais aucun seuil minimal de pression artérielle moyenne (PAM) n'a été défini. En pratique, la plupart des équipes visent une PAM d'au moins 65 mmHg. Plusieurs études observationnelles ont montré une corrélation entre la PAM et le pronostic neurologique, les patients ayant une PAM initiale plus élevée présentant une meilleure évolution. Des études pilotes récentes ont démontré la faisabilité d'une augmentation de la PAM cible après un arrêt cardiaque, mais des résultats contradictoires ont été obtenus concernant le pronostic des patients. Ces constatations pourraient s'expliquer par des modifications de l'autorégulation cérébrale après un arrêt cardiaque, avec un déplacement de la courbe vers la droite, voire son abolition. Le débit sanguin cérébral dépend de la PAM, et une PAM cible de 65 mmHg chez ces patients pourrait entraîner une perfusion cérébrale insuffisante. À l'inverse, une PAM trop élevée pourrait provoquer des lésions cérébrales dues à un œdème vasogénique, à des complications hémorragiques ou à un excès de perfusion dans des conditions de métabolisme cérébral diminué. Une étude interventionnelle est nécessaire pour évaluer l'effet d'une augmentation de la PAM sur le pronostic neurofonctionnel après un arrêt cardiaque. Compte tenu des données disponibles sur l'autorégulation cérébrale, de la corrélation entre la PAM et le pronostic, et des risques théoriquement associés à une PAM plus élevée, l'investigateur prévoit de comparer un seuil standard de PAM (≥ 65 mmHg) à un seuil élevé de PAM (≥ 90 mmHg). L'investigateur émet l'hypothèse qu'une PAM élevée au cours des 24 premières heures après un arrêt cardiaque améliorera le pronostic neurofonctionnel.
À partir de 18 ans · Réf. NCT05486884
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