L'imlifidase est une cystéine protéase recombinante dérivée de Streptococcus pyogenes et produite par Escherichia coli, capable de cliver et de dégrader l'ensemble des IgG humaines. Quatre à six heures après la perfusion d'imlifidase, la totalité du pool d'IgG est dégradée en fragments F(ab')2 et Fc. In vitro, l'imlifidase inhibe l'activation des cellules NK médiée par les anticorps anti-HLA et la cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps. L'imlifidase dégrade également les IgG du récepteur des cellules B (BCR), inhibant la signalisation cellulaire médiée par le BCR et empêchant transitoirement la réponse des lymphocytes B mémoire à une stimulation antigénique ainsi que leur transition en cellules productrices d'anticorps. Deux études cliniques ont été conçues pour déterminer si l'imlifidase pouvait inactiver les anticorps anti-HLA spécifiques du donneur (DSA) de type IgG, dans le cadre d'une stratégie de désensibilisation chez des candidats hyperimmunisés à la transplantation rénale. Dans l'étude de phase I/II, 25 patients ont été transplantés en Suède et aux États-Unis. Parmi eux, 18 présentaient une épreuve de compatibilité croisée en cytométrie de flux (FCXM) positive et 2 une épreuve de compatibilité croisée dépendante du complément (CDCXM) positive. Dans l'étude de phase II (essai Highdes), 19 patients disposant d'un donneur vivant ou décédé incompatible, aux États-Unis, en Suède et en France, ont été inclus. Parmi eux, respectivement 7, 18, 2 et 8 présentaient une FCXM positive sur lymphocytes T, une FCXM positive sur lymphocytes B, une CDCXM positive sur lymphocytes T et une CDCXM positive sur lymphocytes B. Le critère d'évaluation principal d'efficacité était la capacité de l'imlifidase à convertir une épreuve de compatibilité croisée positive en épreuve négative. La conversion de l'épreuve positive initiale en épreuve négative dans les 24 heures suivant le traitement par imlifidase est survenue chez 89,5 % (n=17) des 19 patients. Dans l'étude de suivi incluant tous les patients transplantés après désensibilisation par imlifidase, le taux de rejet médié par les anticorps (AMR) était de 39 %, la plupart des cas survenant au cours du premier mois suivant la transplantation. La survie du greffon censurée sur le décès à trois ans était de 93 % chez les patients ayant présenté un AMR et de 77 % chez les autres. La survie des patients à trois ans était de 85 % chez les patients ayant présenté un AMR et de 94 % chez les autres. Aucun signal de sécurité n'a été rapporté. Sur la base de ces données, l'imlifidase est désormais indiquée comme agent de désensibilisation chez les patients adultes hyperimmunisés candidats à une transplantation rénale présentant une épreuve de compatibilité croisée positive vis-à-vis d'un donneur décédé disponible, compatible ABO. Elle doit être réservée aux patients ayant peu de chances d'être transplantés dans le cadre du système d'attribution des greffons rénaux disponible, y compris le programme de priorisation des patients hyperimmunisés (https://www.ema.europa.eu). Par conséquent, la Société francophone de transplantation (SFT), la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT) et la Société française d'histocompatibilité et d'immunogénétique (SFHI) ont proposé des recommandations françaises pour la sélection des patients, le choix des caractéristiques des anticorps, le traitement et le suivi, afin d'harmoniser les pratiques. Bien que ce nouveau traitement réponde à un besoin médical non couvert, son autorisation repose sur seulement deux études de petite envergure. Des données supplémentaires sur la fonction et la survie du greffon à long terme sont donc nécessaires chez les patients traités par imlifidase.
À partir de 18 ans · Réf. NCT07379957